Imaginez Lennon qui aurait troqué son Steinway blanc pour une guitare sèche, quelques doses de fuzz, deux ou trois percussions. Qui délaisserait mauvaises rock'n'rolleries et arrangements boursouflés pour un garage folk doucement abrasif.

Imaginez ce même Lennon nous épargnant ses antiennes, son pathos et sa bien-pensance, remisant sa beautiful Yoko au placard. Imaginez un Lennon éthéré, celui de Tommorow Never Knows, mais qui tiendrait le plus souvent la note haute de son registre vocal, jusqu'au falsetto.

Imaginez cette voix passée systématiquement dans l'Automatic Double Tracking et dont les overdubs, décalages et superpositions diffuseraient une tristesse contagieuse comme une brume voilant le soleil. Imaginez et surtout, écoutez Sam Lloyd, son album pressé en 1972 en petite quantité sur un label canadien. Un disque précieux.

Reality 

Strike Out Every Name 

Until Nine 

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