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1978, Londres. Je suis au Dorchester. Il pleut, la soirée s'annonce prometteuse. Coup d'œil au menu - Feuillentine of Norfolk aspargus with crayfish - Fillet of brill with parmentier of truffled leak and celeriac - Delice of apricot with peach sorbet and raspberry coulis - galante compagnie et, last but not least, les Roy Williams Trinity, groupe montant du circuit East Anglican prêt à se produire. D'après le réceptionniste (Brian), il y a toujours foule pour les garçons de Clacton. Ils tournent partout, étaient au Hilton hier, seront à Heathrow demain. On se les arrache. Roy, Dave et Steve sont les meilleurs (et ils le savent), mais restent modestes. Le leader âgé de 36 ans (chanteur, batteur et joueur de synthé), qui officiait déjà chez les Tremors au début des sixties, puis au sein des Martells, décrit la musique de son groupe comme du rock and roll middle of the road. La presse, quant à elle, parle de rock/country. Vraiment ? Je me laisse gagner par leur show ; m'enivre. S'ils sont au milieu de la rue, cette rue n'est nulle part. Ce qu'ils font dépasse l'imaginable, un peu comme leurs costumes. Le son Roy Williams est brillant, capiteux, romantique, inégalable - luxueux.

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Je suis au Dorchester. Un samedi de 1978. De ce soir comme des autres, ne reste que le souvenir. Groupe de scène par excellence, les Roy Williams Trinity ne nous ont laissé aucune captation de leurs shows. Deux LP attestent pourtant de ce miracle : les bien nommés A Touch of Class et Good News in Town, enregistrés au studio Hillside à Ipswich (avec Sally en special guest). Si vous pensez que la musique lounge n'est qu'un genre mineur, tout juste une musique de fond pour prendre le thé avec Grand-mère, vous vous fourvoyez. Le premier album du trio est déjà un must absolu, le second, avec ses compositions toutes originales (contre seulement 4 dans A Touch of Class), peut être considéré comme le Saint Graal du genre. En point d’orgue, l'ébouriffant Take Me To Your Disco, sans doute la compo la plus aboutie et la plus étrange qu'il m’ait été donné d’entendre.

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A Touch of Class

Lover's Theme 

In a Spanish Discotheque 

Don't Be Cruel 

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Good News in Town

Looking Down On the City 

Take Me to Your Disco 

Schooldays 

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