Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 12:04

peteham

   

Le post précédent nous donne l'occasion de revenir une fois n'est pas coutume sur deux CD aisement trouvables. Retour donc à l'époque glorieuse du comptact disc, où l'on pouvait croiser Sébastien, Falco et Quentin à la Fnac (Dieu m'en préserve). Ceux qui, voici quinze ans, s’apprêtaient à franchir le seuil du 7 Park Avenue d’un pas traînant, simple visite de courtoisie auprès d’une vieille connaissance, ont dû en être pour leurs frais. Deux années plus tard, la fébrilité dominait sans doute, aux abords de Golders Green. On a trop subi d’albums posthumes à peine justifiés par un intérêt documentaire, pour ne pas voir ces deux recueils de démos comme quelque chose d’inespéré. Pour un peu, on en viendrait presque à chérir les membres de Badfinger d’avoir écarté la quasi-totalité de ces titres créés solitairement entre 67 et 75, tant ces enregistrements maison s’enchaînent comme autant de joyaux bruts.  

 

Catherine Cares

 

Coppertone Blues

 

Dear Father

 

 

Ringside

   

 

peteham2

 

Grâce soit rendue à Dan Matovina pour avoir exhumé ces trésors qui échappent au double écueil de l’hétérogénéité (matériel qui s’étend des Iveys à la mort de Pete Ham) et de l’objet hybride (quelques overdubs de basse et de batterie, cosmétique de rigueur pour des enregistrements captés sur un frustre appareil Sound-On-Sound Revox mono tape). Le mérite en revient certes au travail du compilateur-producteur dont le doigté ne dénature en rien les compositions originelles. Il en revient surtout - et dans quelles proportions - à Pete Ham dont le génie de pop-writer éclate dans ces home sessions qui voient se succéder des titres qui se suspendent immédiatement à la mémoire de l’auditeur bluffé. 

 

Jamais, à l’écoute de ces chansons souvent brèves, parfois inachevées (le magnifique "I’ve Waited So Long to Be Free"), de ces mélodies si bien troussées en quelques accords, de ces arpèges délicats, de ces guitares circonspectes ou de ce piano laconique on se surprend à rêver d’une forme plus conséquente, d’improbables arrangements qui viendraient enluminer des esquisses exhibées comme des promesses ne demandant qu’à être tenues. Pour la première fois peut-être, on entend Pete Ham. Sa voix. Et à l’écoute de ces chansons d’un très jeune homme, d’évocations tendres ou joyeuses, la tentation serait grande d’y scruter les ombres tapies d’une fatalité qui se profile ("Were Will You Be" ,"I’m so Lonely"). Se serait s’aventurer. Tout juste dira-t-on que la vie passée par le filtre de l’art substitue la beauté à l’ordinaire. Et que la beauté voisine parfois la plus effroyable tristesse.

 

Dawn

 

I'll Kiss You Goonight

 

Keyhole Street

 

Where Will You Be

       

Par Somewhere there is music - Publié dans : Pop
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil

Take me home

  • Somewhere there is music
  • : Somewhere there is music or a musical peregrination through buried treasures, lost masterpieces, obscure gems, ultimate grails, underestimated albums, so-so outsider releases and maybe crap according to some people.
  • Contact

In search

A game for all who know

 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés