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Sans doute faut-il avoir passé un hiver en Cornouailles pour se figurer la possibilité qu'un tel disque vît le jour en 1983. Ecrit par un jeune australien lors d'un séjour dans une ferme de St Just in Roseland, entre cottage et croix celtiques, Winter on the Harbour aurait pu paraître dix à quinze ans auparavant. Magie des lieux ? S'y succèdent quelques perles d'un folk modeste - guitare, voix, harmonica et flûte délicates - d'un ascétisme bien venu, comme si leur auteur s'était tenu à la seule fréquentation des pierres, du ciel et de la mer. Non que l'humeur y soit tragique. Chez Martin McBain, bonheur et malheur sont à portée d'une pensée, comme, sur ces côtes où le ciel le plus bleu contient déjà l'averse prête à éclater. Ce n'est pas la moindre qualité de ces airs qui vous accrochent le cœur en un rien de temps, désarmants de sincérité et (parfois) de maladresse assumée que de capter ce moment de l'existence où la jeunesse s'apparente à un flottement suspendu, quand tout est promesse mais où il n'est pas aisé de renoncer à ce qui précède.

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Echappant à la sentimentalité, Martin McBain se livre avec retenue. Sans être virtuose, il témoigne d'une certaine adresse guitare en main, deux instrumentaux en picking attestant des quelques tours dispensés par Bert Jansch au cours d'une invitation à Londres faisant suite à une rencontre lors d'un concert à Penzance. Nouvelle preuve que le label tasmanien Candle peut avoir des allures de coffre au trésor, Winter on the Harbour fera office de viatique chez ceux qui cherchent à côtoyer pendant la durée d'un disque un monde différent - parallèle au monde dominant qu'on dit réel. La musique est une étrange expérience, n'est-ce pas Sébastien ? 

Winter on the Harbour 

I Thought I Was a Refugee (version alternative, pop-transformée sur l'un des deux 45t parus) 

 

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