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S'il me fallait partir sur une île déserte, tout en ayant la possibilité d’emporter quelques disques, celui-ci ferait partie du voyage. Il évoque les îles et serait donc en phase avec ce nouvel environnement, mais surtout, flirt avec le divin. Rien d'étonnant au fond, puisque Jon Lucien aurait passé son existence "à vénérer Dieu, l'océan, le soleil [ainsi que] la joie des siens" dixit Philippe Robert. Toutes ces composantes, la "période new-yorkaise" ainsi que l'influence caribéenne (Jon Lucien est natif de Tortala) ressortent dans sa musique et lui confère une singularité rare. Rashida peut ainsi se définir comme du R&B, néanmoins, n'entendez pas rythm and blues mais plutôt rythm and bossa (pour reprendre Jon Lucien lui-même). A ce riche cocktail, Jon ajoute également un zeste de folk et de jazz. Ce mariage (c'est bien de romantisme dont il s'agit) est harmonieux, au point de plonger l'auditeur dans un état second. La voix de Jon Lucien est l'une des plus belles qu'il m'ait été donné d'entendre : une voix de baryton au timbre idéal, parfaitement maîtrisée, apaisante et sensuelle...

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Un album qui devrait plaire aux amateurs de Terry Callier, Labi Siffre et peut-être même Tom Nehls, puisque lui aussi a su amalgamer les genres - et même si les influences diffèrent, nous retrouvons pourtant la même quiétude. Si vous aimez les "mélanges", vous ne pourrez qu'adorer ce chef d'oeuvre, un vinyle dont je ne me séparerai jamais.

Kuenda 

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