Quand je chronique un disque, j'ai toujours l'habitude de l'écouter en même temps et en général, au moment où le bras se relève, j'ai quelque chose à présenter. Mais lorsque Congregacion Viene s'est terminé, je n'avais même pas commencé à écrire et pourtant, je croyais connaître ses ressorts. Comme toujours, il m'avait stupéfié. Inanimé, je n'étais donc plus du monde, en dehors du temps. Comprendre cette sensation suppose de l'avoir vécu, car aucun mot ne saurait la retranscrire avec justesse. Voir la pochette intérieure qui donne une représentation plutôt fidèle du monde que j'avais pénétré...

Je ne savais pas à quoi m'attendre. J'avais eu l'occasion d'écouter d'autres groupes chiliens, de bonnes choses d’ailleurs (Los Jaivas...) mais ici, le niveau est supérieur : nous ne sommes pas au sommet, mais dans la stratosphère. Chaque composition est magistralement exécutée, en harmonie avec l'ensemble. En prime, des textes presque philosophiques. Mais cette belle histoire n'aura été que furtive : cet album et seulement un single en 1972, coup d'état oblige. Antonio Smith, n'a toutefois pas arrêté de produire et a enregistré d'autres disques dans les années soixante-dix (puisque exilé en Argentine entre temps).

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Avec un tel album, vous êtes comblé mais d’un autre côté, vous éprouvez aussi un sentiment de peur, craignant de ne jamais retrouver pareille béatitude : c’est tout à la fois un achèvement mais aussi le début d’une autre quête, peut-être plus désespérée encore que la précédente, mais oh combien passionnante.

Fantastico 

Sintesis de la Exitancia 

 

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