Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /Sep /2009 14:02

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J'ai découvert cet album l'année dernière, par le plus grand des hasards à l'occasion d'une brocante de fin de saison. Je ne l'avais jamais écouté auparavant, mais connaissant Louise Forestier de nom, bien conseillé et intrigué par la mention jazz inscrite au verso, ma curiosité a rapidement eu raison de moi et m'a donc conduit à l'acquérir.

Choix fort judicieux s'il en est puisque cet album est une œuvre marquante et incontournable de la scène québécoise. Il n'est d'ailleurs pas rare de le voir considérer comme le Sgt. Pepper's local ! Qui dit québécois, dit évidemment usage de la langue française et à fortiori de l'accent qui l'accompagne. Au programme de Lindbergh : un cocktail détonnant et festif mêlant jazz, psychédélisme, pop, chanson et expérimentations diverses et variées.

Lindbergh est original et présente une facette cabaret-kitsch à la limite du mauvais goût - mais cette limite n'étant jamais dépassée, l'effet - qui s'apprécie avec modération - n'est que plus intéressant et bizarroïde.

Lindbergh

Par Somewhere there is music - Publié dans : Psych
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Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 12:01

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Si en ce bas monde bien des choses me déconcertent, l'une d'entre elles m'échappe par dessus tout et il en sera probablement ainsi pour toujours : ces hommes (et femmes bien sûr) qui n'éprouvent rien ou si peu à l’égard de la musique - comme s'ils n'avaient pas d'âme - alors même que je ne peux la concevoir autrement que vitale. Sans elle, je ne pourrais tout simplement pas vivre et aucun jour ne passe en son absence. Une relation d'une telle intensité n'est naturellement pas sans conséquences et l'alliée la plus fidèle, celle qui traverse les meilleurs et les pires moments de notre existence - lui donne un sens et redonne espoir - façonne naturellement l'être que nous sommes et sans cesse, le bouleverse et le transforme à jamais.

Aux dires d'Alan Haber, la musique ayant nourri Mark Johnson aka Marc Jonson - ses rêves en particulier - l'a aussi affecté et changé, tout en lui traçant le chemin vers une destinée des plus idylliques. Capté dès le plus jeune âge par cette flamme, il n'a que sept bougies lorsqu'il s'initie au piano, neuf ans à la batterie et douze à la guitare...

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Au sortir de l'adolescence, Marc Jonson reprend quelques standards et suite à deux années d'errance, s'apprête à rejoindre Vanguard - cette même maison qui a pourtant rejeté Zimmerman ; d'ailleurs non pas sans explication, les mentalités ayant fortement évoluées entre temps. Plein d'espoir et âgé de vingt ans, Marc Jonson réalise "enfin" son rêve, enregistre donc sa pièce maîtresse, Years et pour l'occasion sollicite le renfort de quelques bonnes recrues. Il les rencontre au label et très vite, une harmonie s'instaure entre eux, comme s'ils s'étaient toujours connus et avaient toujours joués ensemble.

Alors que nous sommes chez Vanguard, une maison de disques aux moyens considérables, cet album demeure confidentiel. A n'y rien comprendre, d'autant plus que le résultat, un folk particulièrement brillant (une voix merveilleuse, des arrangements dignes des plus grands) n'est pas sans bouleverser dans ses meilleurs moments. La boucle est ainsi bouclée.

Mother Janes

Par Somewhere there is music - - Publié dans : Folk, folk-rock, country
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Samedi 26 septembre 2009 6 26 /09 /Sep /2009 13:18

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Aucun doute, A Tribe Called Quest (ATCQ pour les intimes) est l'un des fleurons hip-hop de la première moitié des années quatre-vingt-dix. Auteur d'au moins trois classiques, il délivre l'un d'eux dès le premier essai : People's Instinctive Travels and the Paths of Rhythm. Alors que la critique le salue de façon élogieuse, le succès commercial apparaît plus mitigé, un écart finalement comblé avec les années. Une bonne chose puisqu'avec le recul, le caractère fondateur n'est que plus évident : c'est pour ainsi dire un point de repère, il a gagné l'inconscient collectif, fait partie de la culture hip-hop et donc, de son héritage.


ATCQ se situe sur le même plan que De La Soul - repéré par Native Tongues avant de signé sur Jive - dont il suit d’ailleurs les traces : un hip-hop quasi-organique en rupture avec le gangsta rap, plus fun, plus léger, intelligent, presque philosophique, pacifiste surtout - la pochette, joyeuse et collorée illustre d'ailleurs à merveille cette orientation. Narrant le quotidien, les nuits new-yorkaises, un certain rapport à la vie et même l'amour platonique ("Bonita Applebum"), nous sommes loin de la violence, des guerres de gangs... et plus globalement, de l'univers bling-bling (chaînes, bagnoles, jacuzzis...).

 

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De part ses thèmes, ATCQ renoue ainsi avec l'esprit originel du mouvement : le fameux Peace, Unity, Love and Having Fun, slogan fédérateur et leitmotiv d'Afrika Bambaata (fondateur de la Zulu Nation), Kool Herc et Grandmaster Flash. Peut-être même est-il question d'un hommage, certes, un peu plus dissimulé que celui offert à Lucien Revolutien - l'un des pionniers du rap français. Pourtant, le retour aux origines n'est que partiel, la partie instrumentale étant elle, beaucoup plus novatrice : à ce moment, le jazz-rap (initié par Gil Scott-Héron, les Last Poets et les Watts Prophets) est sur le point de connaître son apogée.


L'atmosphère jazzy qui se dégage (parfois lounge), résulte bien sûr du choix et de la qualité des samples - on ne peut être qu'admiratif devant le background du quatuor : parmi bien d'autres, Idris Muhammad, Sly & The Family Stone, Donald Byrd, Baby Huey, Roy Ayers - mais surtout de la merveilleuse façon dont ils sont toujours agencés. Une seule conclusion possible : ATCQ est d'ores et déjà passé maître dans l'art du sampling. Même la basse de Lou Reed (Can I Kick It) se confond parfaitement bien au sein de cet univers jazz/funk.

 

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Si les albums suivants sont plus réputés, en particulier Low End Theory, celui-ci a pour mérite de surprendre davantage et de marquer une nouvelle étape : nous ne pouvions alors ni nous attendre à une telle aisance (presque insolente), ni à une telle alchimie. Il s'agit vraiment d'un indispensable, tant pour l'amateur éclairé que pour le néophyte. Q-Tip (dont le flow est inégalable), Phife Dawg (l'autre MC), Ali Shaheed Muhammad (le producteur) & Jarobi White sont entrés dans la légende avec cet album et aujourd'hui encore, sont une grande source d'inspiration pour la scène actuelle, l'abstract hip-hop et ses dérivés.

Par Somewhere there is music -
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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /Sep /2009 12:51

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Vraiment une belle découverte ! Un superbe disque de pop mélancolique - du moins, ce que l'on croit au début - et surtout une grande surprise de par l'anachronisme qu'il érige. On peine en effet à concevoir sa provenance - le début des années quatre-vingt - alors même qu'il ne coïncide pas avec l'esthétique antérieure, ni ultérieure.

Bien que ce sentiment ne corresponde pas toujours avec l'impression initiale - l'attention se porte d'abord sur le chant : partie mieux mise en avant et d'une grande clarté ; ce n'est d'ailleurs pas sans déplaire - Lives Forever étonne par sa richesse instrumentale. Elle lui confère de belles couleurs, comme un quasi slow dans "Fly Away", les petites touches marrantes de "Burning Like the Sun" (avec ce qui ressemble à un pistolet laser), kitsch, voire exotica. Heureusement, tout est fait avec modération et subtilité, sublimant l'ensemble.

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Ce disque permet aussi de mieux comprendre la logique inhérente au format 33t, qui est de penser le disque en deux entités distinctes. Ici, cet aspect est particulièrement bien illustré, la face B allant progressivement vers quelque chose de plus énergique. Il y a d'abord l'orgue de "Does He Take Sugar", puis la réunion guitare fuzz/orgue dans "Treat Me Right", la montée acide (à la Country Joe) du titre suivant et enfin, une sortie presque heavy psyché. Le plus intéressant tient probablement à la partie vocale, qui se refuse à suivre toute gradation. Elle n'évolue pas, du moins de façon très peu significative, demeure calme et se retrouve donc complètement déphasée du reste. Le résultat est saisissant.


Learning How to Cry



Set Me Free



Does He Takes Sugar


freedom3

Par Somewhere there is music - - Publié dans : Pop/folk
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Dimanche 20 septembre 2009 7 20 /09 /Sep /2009 14:21

P1130877
Outre son côté esthétique et sa qualité de son, le format vinyle peut séduire pour tout le rituel qu'il y a autour. L'écoute d'un 33t n'est jamais anodine et possède un caractère hautement symbolique. Ceux qui en ont l'habitude me comprendront, quant aux autres, sachez juste qu'il y a un côté cérémoniel et qu'Exuma a le pouvoir de décupler cette sensation.

Le voyage commence par la pochette, une oeuvre à elle seule qui n'est pas sans rappeler l'art premier. Le vinyle en main, l'impression d'avoir trouvé un artefact se fait sentir, une intuition rapidement confirmée. Débute à peine la musique, des sonorités caribéennes (junkanno, calypso, goombay), blues et folk qu'un sentiment étrange émerge : celui d'avoir pénétré un espace réservé et une ambiance stupéfiante - lieu magique, forêt tropicale, coucher du soleil - dont les dimensions sont à la fois mystiques et ancestrales. A cela s'ajoute l'impression de ne pas être seul, d'être avec les esprits et de danser avec eux - les rythmes et percussions sont ensorcelantes - le préalable à une délectation plus apaisée mais tout aussi incantatoire. Les chants ne sont pas étrangers à ces sentiments et c'est peut-être en eux que réside la dimension la plus magique. Oui, c'est bien de magie dont il s'agit, de magie noire pour être exact.

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La musique d'Exuma effraie, mais envoute également et donc rassure. Un beau paradoxe : bien et mal sont conviés au même endroit, l'effet produit est extraordinaire. Propulsé dans un univers qui me dépasse, je n'ai plus la certitude d'avoir la pleine maîtrise de moi-même et finis par gagner un état second. Au sortir de cette condition, je n'émets aucun doute quant au fait d'être transformé et prend conscience d'avoir été exposé à des forces surpuissantes, à une nature généreuse et frénétique.

 

Dambala

 

You Don't Know What's Going On

Par Somewhere there is music - - Publié dans : Over the world
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