L’effet d’attraction exercé par les disques tax scam est tel que vous ne sortirez pas de de ce monde si par un heureux hasard vous y mettez les pieds. Vous vous prendrez d’appetit pour les plus
célèbres de ces labels, comme les plus obscurs et sans doute les plus fascinants. Vous éduquerez votre oreille et apprendrez à aimer leurs défauts, des bricolages à la sous-production. Vous vous
amuserez des erreurs de pochettes, flous et autres approximations et pour tout cela, vous apprécierez aussi l’album de Jon Gordon - sorte d’archétype du disque parfaitement imparfait, en
clair, l’un des plus beaux étendards de Tiger Lily et du phénomène tax scam en général.
Mais qui est-il vraiment ? Jon Gordon est-il le frère d’Alan et fait-il au moins parti du groupe derrière cet album (composé apparemment de 5 musiciens, peut-être 6 ?) ? A jeter un coup d’œil
attentif à la pochette, rien n’est moins sûr. On s’étonnera également (mais pas trop) que l’un des titres soit tout bonnement relégué aux oubliettes, ne figurant ni sur la pochette, ni sur
le label (et pourtant, quel titre !). Côté contenu et comme souvent avec ce genre d’aérolithe, la curiosité et le pluralisme sont de mises. Jon Gordon joue avec les genres et n’hésite pas à
tenter le grand écart, embrassant aussi bien le rock country progressif que le boogie, le rock sudiste, sans oublier évidemment la pop 70’s, colonne vertébrale de l’album et nous gratifie au
passage de quelques langoureuses envolées guitaristiques, FM à point, unique trait d’union avec la pochette.
Dans une autre vie Dave John Grew se soucierait des apparences et ne supporterait pas les Giants. Alone and Dreaming serait sorti 10 ans plus tôt, ailleurs que sur Cottage. Ce LP, qui n’aurait
pas été enregistré aux Woodbine Studios de Leamington Spa, serait connu de quelques-uns. Il serait écouté pour ce qu’il est, une agréable surprise. De bons originaux (les ballades notamment), des
reprises bien choisies : Judy Collins, (Fishermen Song), l’improbable Arthurs Theme de Christopher Cross. Rien de crucial, mais la sensation d’entendre une voix authentique se fondre dans un
creuset folk toujours à revisiter.
PS : Dave John Grew a vraiment eu une autre vie. Il fut l’un des membres de Brandywine Bridge aux côtés de Sheila Copson et Stuart Hague et co-auteur de The Grey Lady (1977) et An English
Meadow (1978), parus également sur Cottage.
In another life, Dave John Grew would have cared for fashion and would not support the Giants. Dreaming and Alone would have come out ten years earlier on another label than Cottage. This LP
would not have been recorded at the Woodbine Studios, Leamington Spa. It would be known by a few fans and above all, would be appreciated for what it is: a good surprise with some nice
self-penned numbers (the ballad songs in particular) and a few interesting covers (Fishermen Song by Judy Collins or Arthurs Theme by Christopher Ross). Not crucial in any way,
Dreaming and Alone is nonetheless an above-average effort and it is worth hearing - Dave has a very authentic voice, maybe a bit too much for some of you.
PS: Dave John Grew really had another life: he was one of the member of the Brandywine Bridge band and recorded two albums with them, also on the Cottage label.
At the time of its release, this record received several positive reviews whether in local Australian newspapers (A.T. Wells is an Aussie band) or more famous magazines such as Rolling
Stones. How can we explain what happened next? This is a stunning LP and I can’t figure out why it doesn’t get more attention. I would describe it as the perfect crossover between psych-tinged
post punk and beat-driven early 80s rock with sharp, echoed guitars - the riffs are both powerful and effective. The musicianship, (snarly and moaning) vocals and production are all top-notch and
most of the songs sound like hits. Maybelline in particular could have been in the best-selling songs of 1985!
Hearing the whispers of the ocean or Mother-Earth when an album begins is always a good sign, says a not-so-old collector proverb. This album proves it once more.You can buy Singing
So Alone, and the other releases of A.T. Wells on their website:atwells.de.tl
A la différence de sa pochette dont l’éclat exerce une séduction immédiate, la beauté de ce disque d’école ne s’offre qu’aux oreilles exercées. Prise de son directe et sans doute unique,
sentiment d’éloignement auréolé de réverbération, parcimonie de l’accompagnement : on poussera la porte de ce cottage, une fois passé ces moyens de fortunes.
Mais n’est-ce pas plutôt une église qu’on visite au milieu de laquelle treize jeunes filles nous convient ? Gagnant en mystère ce qu’il perd en apparat, un climat religieux s’échappe de ce
disque. Si les reprises de classiques ne sont pas sans attraits (There but for Fortune, Caliornia Dreaming), c’est quand il s’aventure vers des territoires plus arides ou plus troubles que
Chelmsford County High School Folk Group prend sa pleine mesure : psalmodie de la contrebasse, clappements de mains, feu sous la glace de discrètes percussions et, souvent, ces chants qui montent
comme un frisson. De quoi donner un nouveau nom à ce qu’on sent être une très ancienne beauté.
Ils sont cinq, une fille et quatre garçons fratrie présumée dont la distribution des rôles demeure incertaine. Un jeu de vignettes en étoile isole chacun des membres de cette fine équipe ou les
présente sagement alignés, tantôt assis, tantôt marchant, on ne sait quoi à la main.
Je ne comprends pas un mot de ce que chante Santa mais est-il besoin de saisir quoi que ce soit quand un disque vous enveloppe de sa grâce hypnotique ? Croisement inattendu de
complainte orientale et de folk économe échappant à tout exotisme, ce groupe thaïlandais offre une suite impériale de titres répartis en deux volets (dominante résolument féminine de la
première face versus pendant masculin de la seconde). Si l’ensemble procède de la même beauté modeste, on retiendra particulièrement, parmi ces mélopées désolées, celles délivrées par la
chanteuse, où le télescopage entre voix et accompagnement détonne pour le mieux - cristal sur fonds de cordes austères et retenues.
Hypnotic mix of folk and oriental vibes delivered by a first-rate Thai quintet called Santa - four supposed brothers and a sister (who has a haunting, crystal clear voice). I have little
idea what they sing but whatever... music is a universal language.
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Somewhere there is music or a musical peregrination through buried treasures, lost masterpieces, obscure gems, ultimate grails, underestimated albums, so-so outsider releases and maybe crap according to some people.